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Editions de l'Oxymore


Paru dans : Elegy n°38 , le 03/12/2005.

Sous cette sublime couverture signée Dorian Marchecourt, se glissent neuf variations autour du thème des trésors.

Précieux, rares, inaccessibles, beaux et recherchés depuis la nuit des temps, les trésors sont symboles de beauté, de richesse et de mystère et possèdent l’étonnante capacités de réveiller en l’homme cupidité, jalousie, envie et toutes sotres de sentiments aussi vils et bas que l’objet de désir est sublime et pur. Un thème universel et inépuisable en somme, que les auteurs de ces neufs textes explorent avec brio.

Alphonse Karr (« Un diamant ») embarque pour l’orient et nous entraîne dans le périple de Théodore et de son énorme diamant, qui risque fort de lui réserver quelques surprises.
Merlin Gaunt livre avec « Dans la peau » l’une des nouvelles les plus terrifiantes de cette anthologie : beauté, luxe et mondanité autour d’une rivière de diamant aussi maléfique que précieuse.
Pendant que Léa Silhol, avec son succulent « The cat & the Chocker », nous fait visiter une galerie pas tout à fait comme les autres… que Julien Bouvet nous entraîne dans un étrange monde où les chasseurs courent après la foudre et sa précieuse kynite dans « Après la foudre », qu’Armand Cabasson, en direct du British Museum, se penche sur le cas de « La pierre du fou », ou que Nicolas Valinor fait découvrir à son héroïne Ayame une étrange pince à cheveux japonaise, dans « Le papillon écarlate ».

Un précieux recueil magnifiquement orchestré par Estelle Valls de Gomis.

Alys Tale.


Paru dans : Noosfere , le 03/12/2005.

Estelle Valls de Gomis, dont on connaissait le travail de traductrice et d'auteur de nouvelles et d'essais, se lance dans le métier d'anthologiste avec ce nouvel Emblèmes, intitulé Trésors. Contrairement à ce que pourrait laisser croire le titre, il ne sera pas question ici de chasse au trésor, mais plutôt (dans la majorité des nouvelles) de malédictions associées à des bijoux. D'ailleurs, la couverture, signée Dorian Machecourt, en donne l'indice : une femme aux yeux vides et au teint pâle, chargée de nombreux colliers et diadèmes, se contemple dans un face-à-main ouvragé.

Deux nouvelles, toutefois, n'ont pas pour thème la malédiction du bijou. Après la foudre, première publication d'un jeune auteur, Julien Bouvet, ne manque pas d'ambition, mais ne possède pas assez de sens dramatique pour intéresser réellement le lecteur. En revanche, Mère-Géode, de Jérôme Noirez, est d'une originalité absolument bouleversante. Des profondeurs d'une géode, nul ne sait s'il sortira une pierre précieuse ou un cristal inachevé. Une géode fermée est donc un magnifique bijou potentiel. Cette nouvelle est l'une des plus belles du recueil et après l'avoir lue, on ne regardera plus un caillou de la même façon qu'auparavant.


Le joyau maudit, quant à lui, se raconte de mille et une façons. Car, si à la lecture d'un incipit on peut craindre de retrouver une histoire connue, on est très vite détrompé. Dans Un Diamant, d'Alphonse Karr, la pierre précieuse n'exerce pas la même influence sur l'esprit de qui la possède que dans Le Papillon Ecarlate, de Nicolas Valinor. Cette saisissante nouvelle, d'une facture fantastique classique, est d'une efficacité redoutable. Même constat avec Le Rubis Parwat, de Delia Sherman, dans un tout autre registre, celui d'un humour au second degré très british ; mais aussi avec Dans la Peau, de Merlin Gaunt, nouvelle un peu longue mais dont la fin, surprenante, vient récompenser le lecteur patient ; ou encore avec La Pierre du Fou, d'Armand Cabasson, très belle histoire d'un homme qui ira jusqu'au bout pour rejoindre celle qu'il aime, à défaut de pouvoir la sauver, ...


Parmi les trésors, il est d'usage que certaines gemmes brillent d'un éclat plus fort que les autres. C'est ici le cas de deux nouvelles. Tout d'abord Les Crépuscules, de Léo Henry, qui met en scène l'alliance improbable d'un joaillier juif et d'un Allemand, près de Varsovie, peu de temps avant que ne soient fermés les ghettos. C'est pour l'amour de l'Art que Sholem acceptera de tailler, dans cette émeraude que Wolfram lui dit faire partie du trésor des Niebelungen, une aiguille de lecture pour un gramophone. Pour l'amour de la joaillerie et pour celui de la musique. Mais cette émeraude pourrait bien avoir été plus qu'une simple pierre précieuse.


Enfin, The Cat & The Choker, de Léa Silhol, conclut à merveille la partie nouvelles de l'anthologie. On connaissait plusieurs de ses univers, on a la chance d'en découvrir un autre, fascinant. Une famille qui tient des Scarabae de Tanith Lee, mais aussi des cours d'Ambre et du Chaos de Zelazny, dans une étrange demeure aux galeries peuplées de portraits de femmes, et au milieu de cet univers, une enfant, Ayliss, qui s'interroge. Un récit d'une exquise délicatesse, mais aussi tellement prenant que l'on attend avec impatience de découvrir d'autres textes dont Ayliss serait l'héroïne.


Pour clore le recueil, trois articles signés Estelle Valls de Gomis et Aurélia Moulin proposent un rapide survol de l'importance des bijoux et des gemmes dans la littérature fantastique. On leur reprochera seulement leur brièveté, mais on comprend que la place est comptée dans un Emblèmes. Il reste que ce numéro recèle de beaux joyaux littéraires.



Lucie CHENU


Paru dans : Les Chroniques de l'Imaginaire , le 03/12/2005.

Emblème. Du grec emblema : ornement en relief. Le terme renvoie donc au thème de l'ornement et de la décoration. Nul étonnement donc, si la célèbre revue consacre un de ses numéros aux Trésors. Les Trésors, ce sont bien sûr les pierreries, les livres rares, les armes de collection. Mais ce sont aussi et surtout les bijoux, ces ornements précieux destinés à parer une belle silhouette afin d'en magnifier la grâce. Les neuf nouvelles que l'on retrouve dans ce numéro 15 sont toutes, chacune à leur propre manière, de véritables perles. Et l'on peut dire, sans mauvais jeu de mot, qu'elles illustrent de manière emblématique la qualité d'écriture constante qui fait règle dans cette revue trimestrielle.

Entre toutes, trois nouvelles ont particulièrement retenu mon attention. c'est à ces trois que je consacrerai cette chronique, bien que la quasi-intégralité des textes aurait mérité un traitement détaillé. Je parlerai donc de Mère-Géode, signé Jérôme Noirez ; de Papillon Ecarlate, écrit par Nicolas Valinor ; et de Après la foudre, composé par Julien Bouvet.

Mère-Géode.
Même si le nom de Jérôme Noirez est sur pas mal de lèvres dans la communauté littéraire sf-fantastique, je n'avais jusque là pas eu l'occasion de lire un quelconque texte de sa production. Mère-Géode est une nouvelle centrée sur le thème des géodes, ces cailloux à l'aspect brut et grossier qui renferment en leur coeur des cristaux précieux. Une pierre toute destinée à faire travailler les imaginations, puisque à moins d'être brisée, et le charme du mystère perdu, on ne peut jamais en connaître avec certitude le contenu véritable. Une manière de souligner le rôle jouée par l'imagination dans l'attribution d'une valeur aux bijoux et aux objets précieux.
Par ailleurs, certains apprécieront avec quelle élégance Noirez "introduit" le fantastique "au coeur" de la nouvelle. Enfin, les connaisseurs seront sensible au grain métaphysique de cette nouvelle, au ton très leibnizien selon moi.

Papillon Ecarlate.
La biographie de Nicolas Valinor n'était pas pour me séduire. Signaler Stephen King comme une des références littéraires de l'auteur n'est pas le genre de choses qui me donne envie de poursuivre. Mais au-delà des envies, il fallait bien lire la nouvelle, sous peine d'en rester aux préjugés. Et fort heureusement, me voici une fois de plus ravi de m'être trompé. Papillon Ecarlate est un récit vertigineux, servi par une habile mise en abîme narrative. Le choix d'une épingle à motif comme "trésor" change agréablement des diamants et autres anneaux. Quant à la gestion du rythme, elle est tout simplement déconcertante, malgré une certaine prévisibilité de l'intrigue.

Après la foudre.
Un texte poétique n'est pas forcément un texte au style ampoulé et pompeux. Julien Bouvet l'illustre parfaitement. La nouvelle qu'il propose, sans doute la plus originale du recueil, prend place dans un univers où la tombée de la foudre s'accompagne de l'apparition d'une matière minérale précieuse. Occultant volontairement les autres éléments-clefs de cette nouvelle (il faut les découvrir au fil de la lecture), notons la puissance d'évocation propres aux descriptions et la qualité de composition des personnages. Une très, très grosse surprise, un talent à suivre de près.


Ecrite par Bibirox, le 19 Octobre 2005


Paru dans : Lefantastique.net , le 02/12/2005.

Nouvel opus attendu avec impatience de la revue Emblèmes, nouveau bijou. Et cela tombe bien, car le thème en est les « Trésors ». Quoi qu'il eut pu aussi bien s'appeler Pierres et Joyaux, tant ceux-ci sont omniprésents parmi les textes sélectionnés.

On y trouve ainsi le diamant le plus pur, avec en premier lieu le texte de Léa Silhol. Continuant à tisser les différents motifs de son œuvre, elle introduit ici une nouvelle famille vivant dans une étrange et gigantesque demeure. Y habite Dayliss, une très jeune fille, tentée par les promesses perçues dans l'histoire d'un mystérieux collier, qui serait source de pouvoir (mais également de mort). Un texte littéralement envoûtant, servi par la précision ciselée de l'écriture de l'auteure.

Pouvoir encore avec la sanguine malédiction du Rubis Parwat que nous fait découvrir Délia Sherman dans un texte à l'ambiance très anglaise. Armand Cabasson et Nicolas Valinor sont inquiétants : le premier avec la féerique Pierre du Fou, le second avec une tragédie d'inspiration orientale où là encore, un bijou apporte douleur et malheur. Intriguant, le diamant de Léo Henry permet de lire l'histoire du monde sur des disques à sillons : récit superbe dans le douloureux contexte de l'Allemagne Nazie. Surprenant, Jérôme Noirez nous fait pénétrer au cœur même des « pensées » d'une pierre précieuse.

Même la nouvelle la moins aboutie du recueil reste néanmoins très originale et digne d'intérêt. Il est signé de la plume du jeune Julien Bouvet. Son Après la Foudre reste certes un peu brouillon, mais l'auteur est prometteur comme le prouveront certainement ses productions ultérieures.

Bref, encore une fois une réussite dans la sélection des textes, mettant souvent en scène des trésors possédés, maudits ou vengeurs (on pense ici au Dans la peau de Merlin Gaunt), complétée par une utile bibliographie et une étude des plus passionnante. À avoir pour compléter ou débuter sa collection !

Christophe Duchet


Paru dans : Actu S.F , le 05/11/2005.

Toujours aussi bien...

Cela n’a l’air de rien, et pourtant Emblèmes est une affaire qui dure. En janvier prochain, la petite anthologie périodique fêtera ses 5 ans. Et le bilan est plus que positif. Emblèmes c’est aujourd’hui 15 numéros et 2 Hors Séries mais surtout une qualité quasiment constante. De vrais petits trésors du fantastique. Et les trésors, justement, nous allons en parler...

Léo Henry et Armand Cabasson

S’il n’y a pas de « star » ou d’auteur reconnu au sommaire, l’ensemble de cet Emblèmes 15ème du nom est plutôt homogène avec comme fil conducteur des trésors souvent obsédants, mystérieux et destructeurs. De ce bloc émerge très clairement la nouvelle de Léo Henry, dans laquelle un joaillier juif taille un diamant pour un dignitaire nazi qui veut s’en servir pour son tourne disque et surtout pour obtenir un son parfait. Une aventure toute en dualité au final extrêmement bien pensée.

Autre nouvelle à saluer celle de Julien Bouvet, un jeune auteur qui a bien su utiliser les mystères liés à la foudre. Et puis dans un style plus classique mais bien pensé tout de même, Armand Cabasson nous offre un texte mélangeant pierre précieuse et féerie.

Un bon moment


Ce numéro 15 d’Emblèmes devrait vous permettre de passer un bon moment. On l’a dit, l’ensemble est assez homogène en terme de qualité et d’imagination, avec deux-trois textes qui ressortent du lot. Un très bon numéro pour une série d’anthologies périodiques qui continue sa route avec sérieux, obstination et bonheur. Avec en plus ce don rare pour trouver et mettre en avant de jeunes auteurs, chose que quasiment personne ne fait dans l’édition de l’imaginaire aujourd’hui. Bravo.

Jérôme Vincent

Le calepin Jaune


Paru dans : Les chroniques de l’imaginaire , le 11/06/2004.

Voici enfin le moment de vous parler du deuxième numéro de ce fanzine que nous avons découvert ensemble il y a de cela quelques mois. Comme d'habitude, vous n'allez pas être déçus: ce numéro 2 est un numéro spécial portant sur le thème du Vampire. Et la quantité est au rendez-vous. Plus de pages, ce qui veut dire plus de textes, et plus de textes, ce qui signifie plus de plaisir.


De manière traditionnelle maintenant, le fanzine commence par un article, de Jean Marigny, illustré par une nouvelle (L'histoire vraie d'un vampire). Ici, le thème est le personnage du Comte Vardalek, écrite par le Comte Eric Von Stenbock ; un personnage de vampire ambigü pour l'époque. Mauvais par sa nature mais au comportement étrange et, fait singulier, qui échappe toujours aux châtmiments qu'on lui promet. Un deuxième article nous est proposé ensuite, qui examine un autre personnage classique de vampire : Carmilla. Morgane Guinhouain nous plonge dans l'univers de cette femme de la nuit et de son implication dans la société de l'époque.

Puis arrive la série de nouvelles inédites. Encore une fois, beau monde et qualité sont au rendez-vous, pour notre plus grande jouissance.
On commence le bal par Charlotte Bousquet et son histoire : Little One. Elle nous livre une histoire de vampire aux proportions frustrantes et à la rage démesurée. Dans Je connais la méthode de Merlin Gaunt, il faut s'attendre à une situation comique dans un univers qui ne l'est pas. Quand le danger omniprésent est présenté d'une manière dérisoire, c'est un mélange qu'il ne faut pas rater. Les nouvelles d'ambiance sont bien souvent indescriptibles. Je n'essaierai donc de vous résumer Mon Globe et sa Vision de Vanessa Duval-Gagné, je pervertirais inévitablement son propos et votre ressenti. Mortellement Tienne de HéréLys Deslandes est encore un texte d'ambiance. Métamorphose le Roi de Mr You est un poème. Cest vrai que ce n'est pas la forme d'expression dans laquelle je me sens le plus à l'aise, mais celui-ci a quelque chose de simple et d'envoûtant qui a su me parler. Nocturne, écrite par Elica D., débute par une construction qui tranche: une histoire d'amour, une histoire de jalousie. Une histoire de vampires qui ne seraient pas seulement devenus des suceurs de sang, mais des créatures solitaires ; seules et tristes. On termine les nouvelles par une qui retrace un amour intemporel et patient, thème souvent abordé dans les histoires de vampires. Ann Werther. Gabriel du Lac par Eldariel est l'illustration parfaite du côté romantique que peut avoir le vampire, tout en mettant le doigt sur l'absurde de l'amour qu'ils peuvent ressentir.

Je ne le nierais pas, je suis devenu un inconditionnel du Calepin Jaune. Les textes tombent juste, les formes sont suffisamment variées pour ne pas ennuyer le lecteur, et il permet de découvrir des auteurs méritants.
N'hésitez plus et commandez-le sur leur site.

Ecrite par WongLi, dans la rubrique Revues

Edition de l'Oxymore


Paru dans : Le blog littéraire Lectures Lunaires , le 15/09/2008.

J'ai passé un excellent moment de détente avec ces 7 nouvelles, certaines ayant tout particulièrement stimulées mon imaginaire (Gary A. Braunbeck, Merlin Gaunt et Léa Silhol). J'ai été déçu par le texte de Armand Cabasson, qui bien que très bien écrit ne m'a absolument pas emporté. Trop prévisible à mon goût. Mais je ne compte pas m'arrêter là avec cet écrivain. Un grand plaisir que de relire Le Chevalier Dupin de Edgar Allan Poe qui, placé en introduction de l'anthologie, annonce clairement la couleur... J'ai adoré, mais alors follement la nouvelle de Robert Weinberg ; légère mais efficace! Ensuite, Merlin Gaunt avec 1888, m'a complètement chaviré. Je ne connaissais pas cet écrivain mais l'imagination dont il fait la démonstration dans cette nouvelle est tout à fait fascinante! Et puis beaucoup d'émotions aussi, lorsque que le protagoniste du récit découvre... je ne dis rien. La ballade des égarés de Léa Silhol, très très bien. Enfin , Gary A. Braunbeck, grand moment, j'ai cru que j'allais perdre mes cheveux!!

Je conseille donc vivement cette anthologie, qui, agrémentée de bons dossiers d'analyse et assaisonnée de beaucoup d'humour dans la présentation de tous ces beaux écrivains, nous accorde un grand moment littéraire!


Paru dans : Le coin des lecteurs... , le 17/01/2008.

Merlin Gaunt, « 1888 » : Dans un futur tellement peu reluisant que toute la population semble s’être réfugiée dans les drogues et les univers virtuels, un enquêteur de Scotland Yard s’acharne à résoudre des meurtres de prostitués. Tout semble lié à un jeu vidéo au titre énigmatique, 1888. Les amoureux d’une certaine époque auront sans doute vite décrypté la référence, mais n’en apprécieront pas moins la ballade dans ce monde désolé, où le passé oublié prend des allures de fabuleux mirage… ou de cauchemar ressuscité.


Paru dans : nooSFere , le 13/02/2005.

Pour sa première anthologie, Sire Cédric plonge dans l'univers le plus noir : celui du polar. Si la démarche d'allier fantastique (ou science-fiction) et policier n'est pas nouvelle, rarement elle aura donné un résultat aussi fort, aussi dérangeant. La présentation ne manque pas d'originalité — chaque auteur étant fiché comme un prévenu, avec un choix de police de caractères façon Remington — , et les illustrations photographiques plongent d'emblée le lecteur dans l'univers du polar hollywoodien, des années 50 à nos jours ; bref, cet Emblèmes peu ordinaire s'avère l'un des meilleurs de la collection.


Si au début Sire Cédric sacrifie à la tradition en proposant un texte classique, ici un extrait de Double Assassinat dans la rue Morgue d'Edgar Poe, traduit par Baudelaire, bien vite il s'affranchit de toute règle. Les textes qui suivent sont variés, mais tous demeurent dans le domaine du thriller plus que du polar à énigmes. Si l'on se demande qui est le coupable, c'est vaguement, de façon superficielle, tant on est pris par la noirceur des atmosphères et, osons le dire, par le tragique des intrigues.


La nouvelle de Léa Silhol, La Ballade des Egarés, est l'une des plus émouvantes de son cycle des fay. Elle place d'emblée le recueil dans le registre de l'émotion, de la colère et du cri de révolte. Après elle, Robert Weinberg dans son Eglise des Âmes Perdues, et, plus loin, Vide Intérieur, d'Armand Cabasson, dessinent à grands traits de sanguine un portrait de l'Amérique qui fait peur, celle des armes, des fanatiques, des shérifs et des privés. D'autres explorent quant à eux les figures archétypales des dieux nordiques, comme Elisabeth Ebory (Ce que le temps a jugé) ou de Jack l'Eventreur que dans 1888, Merlin Gaunt réveille ou re-crée pour un jeu vidéo, dans un futur inquiétant et sauvage. Enfin, Gary Braunbeck conclut l'anthologie avec la nouvelle la plus terrible : Les Dépouilles abandonnées des Hommes sans sépulture. Ce texte, comme les autres, met en scène une enquête mais celle-ci est prétexte, comme souvent avec cet auteur, à dénoncer les vices les plus horribles de l'espèce humaine.


Stéphane Nicot et François Manson se chargent de la partie analytique, le premier pour une brève histoire des genres et le second pour une bibliographie qui séduira tous ceux qui veulent approfondir le mélange fantastico-polar. Un rappel : si pour aborder certains livres il est conseillé de se munir d'une boîte de Kleenex, ici, mieux vaut prévoir quelque chose à mordre, ou encore un punching-ball, tant cette lecture vous met la haine au fond des tripes.

Lucie CHENU


Paru dans : undersociety , le 01/09/2004.

L'anthologie "Emblèmes", qui en est à son douzième numéro à pour pari de réunir sous l'égide du grand maître Sire Cédric, des auteurs de talents, sachant écrire des nouvelles au ton acerbe et novateur. Le pari est efficacement tenu, et nous fait découvrir tout au long de ces pages bon nombre d'autres talentueux que sont par ordre: Edgar Allan Poe, Léa Silhol, Robert Weinberg, Elisabeth Ebory, Armand Cabasson, Merlin Gaunt et Gary A. Braunbeck. On retrouve en fin de page une analyse du genre, qui consiste à mélanger le polar et le fantastique avec Stéphane Nicot intitulé "Du Noir Dans l'Imaginaire et "Parcours De lecture" de François Manson... Avec un sommaire aux auteurs assez diversifiés dans leurs visions d'appréhender le meilleur du polar noir avec le fantastique, l'anthologie "Emblèmes 12" nous prouve à quel point, de simple histoires peuvent basculer dans le paranormal. Et bien que tout soit ancré dans la réalité qui nous entoure, des histoires comme "Les Dépouilles Abandonnées Des Hommes Sans Sépulture" de Gary A. Brunbeck, fascine par son côté introspectif, sondant le côté le plus profond et angoissant du détective. On frisse là le meilleur de la nouvelle, tout comme "1888" de Merlin Gaunt, "L'Eglise Des Ames Perdues" de Robert Weinberg ou encore "Ce Que Le Temps A Jugé" de Elisabeth Ebory qui foisonne dans les détails, invitant ainsi le lecteur dans sa nouvelle hors mode et au langage bien spécifique. Le travail de Sire Cédric dans le choix des oeuvres présentées dans "Emblèmes 12", reste le point essentiel du travail, et confirmant tout le talent de cet auteur à sélectionner les meilleurs textes afin de faire découvrir à un large public toute la richesse de nos auteurs nationaux et contemporins... A possèder de toute urgence.


Paru dans : amazon.com , le 16/08/2004.

L'emblemes Polar rend à ce genre sa noirceur originelle et nous plonge dans des atmosphères glauques, dignes de Chattam, Harris et autres, mélé à la richesse des genres de l'imaginaire. Le texte de Braunbeck confirme l'intensité de la plume de cet américain aperçu dans diverses revues et anthologies, il est d'un réalisme inquiétant. Merlin Gaunt joue sur le registre de l'originalité et nous dépayse totalement. Armand Cabasson, Léa Silhol et Weinberg nous offre des textes puissants eux aussi. L'originalité d'E Ebory est davantage basée sur le lieu de son enquête que sur les péripéties vécues, mais il vous suprendra à coup sûr. Enfin les analyses de S Nicot et de F Manson vous permettront de brosser un tour d'horizon de ce que l'on puet nommer la fusion des genres. Très hautement recommandé aux amateurs de policiers en quête de sensatiosn fortes, parfois dérangeantes. Mais le monde est aussi cruauté.

Frederick de Dunkerque


Paru dans : Fantastic Report N°4, le 01/07/2004.

Si le mélange des genres est un style très à la mode ces derniers temps, ce douzième recueil de nouvelles proposé par les éditions de l'Oxymore nous rappelle que cet exercice, souvent périlleux, peut déboucher sur de petites merveilles de nouvelles. On y retrouve donc un extrait de Double assassinat dans la rue morgue d'Edgar Allan Poe, puis Sire Cédric, anthologiste de ce recueil, puise dans le vivier des écrivains contemporains français autant qu'étrangers, pour nous proposer quelques beaux moments de lecture, à mi-chemin entre la fantasy et le polar. Six longues nouvelles, donc, où les diverses figures de styles sont démontées par Léa Silhol, Robert Weinberg, Elisabeth Ebory, Armand Cabasson, Merlin Gaunt et Gary A. Braunbeck. Six regards sur un genre. Très intéressant. Ajoutons une étude et un parcours de lecture (des romans affiliés au genre) pour clore ce sympathique ouvrage.


Paru dans : Backstab N°48 (le magazine des jeux de rôles), le 01/06/2004.

Le privé est avant tout le symbole éternel du polar. Et c'en est un bien comme il faut qui orne la couverture du douzième numéro d'Emblèmes, judicieusement nommé Polar. Présenté Par Sire Cédric, cette anthologie de sept nouvelles a l'avantage d'essayer de concilier le fond et la forme : j'ai ainsi beaucoup apprécié la présentation des auteurs sous forme de dossier de police. Je goûte toujours autant le mélange de classiques (Poe), de contemporains ayant de la bouteille (Léa Silhol) et d'autres presques inconnus (Merlin Gaunt). Au final, Emblèmes 12/Polar se révèle agréable voir surprenant, en tout cas il propose ce mélange des genres qui renouvelle le polar.


Pierre-Alexandre Vigor


Paru dans : Les chroniques de l’imaginaire , le 01/04/2004.

Comme dans tous les domaines, la littérature de l’Imaginaire na pas échappé à un cloisonnement, pas forcément pertinent. Science fiction, fantasy, fantastique, polar. Cependant, lorsqu’on y regarde de plus près, on décèle toujours un mélange de genres, plus ou moins prononcé. Cette anthologie nous propose de nous faire découvrir des textes ou la part empruntée au Polar ne peut être remise en cause, mais où elle n’est pas seule présente.

Tout commence lorsque l’anthologiste nous avoue sans aucune retenu que c’est la première fois qu’il commet ce genre de forfait. Devons-nous le croire ? Je vous laisse juges
Un court extrait de Double assassinat dans la rue Morgue, Le chevalier Dupin, de Edgar Allan Poe, introduit admirablement bien le sujet. Puis, on retrouve Léa Silhol et son mythe de Frontier, la ville des fays. Quel plaisir de retrouver des situations de déjà vue dans des circonstances toujours différentes et surprenantes ! La nouvelle qui suit, L’église des âmes perdues, n’est pas à mettre devant tous les yeux. La violence et l’horreur qui y sont décrits pourraient choquer mais sont amenés avec un tel brio qu’on ne peut que saluer l’œuvre. Robert Weinberg nous démontre ici une part de son grand talent. Un vrai bijou ! Puis nous partons vers une enquête au sein même d’Asgard, où les dieux vont devoir répondre de leurs actes. Elisabeth Ebory joue avec les mots de manière fort subtile, pour notre plus grand plaisir, et cela abouti à Ce que le temps a jugé. Vide intérieur, la nouvelle suivante, s’amuse avec certains clichés, mais sans donner l’impression dune quelconque lourdeur. Au contraire, on prend même plaisir à les lire pour les voir détourner de la sorte. Une histoire saisissante d’Armand Cabasson. Dans un futur proche, une société où les livres ne sont plus que des mythes. Et un assassin qui massacre les membres de certains gangs. On soupçonne une nouvelle drogue, la 1888, de ne pas être étrangère à l’affaire. Mais enquête proposée par Merlin Gaunt ne s’avèrera pas aussi aisée quelle peut y paraître à première vue, et amènera à des révélations terrifiantes. Les dépouilles abandonnées des hommes sans sépultures de Gary A. Braunbeck nous plonge dans une histoire singulière, où on plonge parfois dans une douce folie, et qui nous emmène dans des contrées qui semblent connues, mais dans lesquelles on a tout d’un étranger.

Traditionnellement, les numéros d’Emblèmes se terminent par deux analyses sur le sujet qui nous intéresse. Et celui-ci ne fait pas exception à la règle. Petit plaisir personnel : Thraxas na pas été oublié dans le lot (bien qu’on ne puisse pas considérer cette série comme de la grande littérature) ;)

J’attendais cette anthologie avec une grande impatience, histoire de découvrir ce que Sire Cédric allait nous compiler comme textes dans une anthologie dont le thème nétait pas forcément évident pour succéder au très réussi Doubles et Miroirs. Et bien, je dois dire que je n’ai pas été déçu. Parfois choquants ou dérangeants, les textes tombent tous très justes et ne nous laissent pas sans réaction.

Encore une fois, Oxymore nous emmène dans des lieux trop peu visités et nous offre un beau petit bijou.


Ecrite par WongLi


Paru dans : Le fantastique.net , le 01/04/2004.

Le mélange des genres, la ”Fusion” comme certains l'appellent, est en vogue actuellement. Ainsi, on a pu lire ces dernières années au moins deux anthologies (Détectives de l'Impossible de Stéphane Nicot en J'ai Lu Millénaires et Privé de Futur de Gilles Dumay et Francis Mizio au Bélial) unissant le monde de l' imaginaire et celui du polar. Plus récemment, on a pu lire les deux nouvelles de Jess Kaan (L'Affaire des Elfes Vérolés in Science et Sortilèges (Nestiveqnen) et L'Affaire des Sylvestres Illuminés in Chimères aux Éditions de l'Oxymore) qui nous présentent un triton détective privé sur un mode humoristique ou bien encore aborder le cycle de la Fusion (justement !) de Michel Pagel dont les récits s'éparpillent dans divers supports. C'est sur cette vague que surfe ce nouveau numéro de la désormais incontournable anthologie thématique Emblèmes. Cependant, si l'humour est souvent au rendez-vous des textes cités précédemment, il n'en est rien ici. Le ton est en effet beaucoup plus sombre, voir complètement désespéré. Ainsi, il est difficile de ressortir indemne de la lecture de la nouvelle de Gary A. Braunbeck, au titre déjà évocateur : Les Dépouilles Abandonnées des Hommes sans Sépultures. Certaines scènes sont aux limites du supportable, mais ce texte est un vrai joyau de par sa construction originale (des flash-back distribués parcimonieusement) et son émouvant personnage principal.

Noir également le futur imaginé par Merlin Gaunt, où l'enquête sur un tueur en série amène l'investigateur à revenir aux évènements survenus à Whitechapel en 1888 alors que les archives sur l'époque ont disparu. Le lecteur découvrira également la solution à l'énigme de la mort du fils d'Odin, Balder, dont la mort est plus complexe qu'il n'y parait. Robert Weinberg nous entraînera dans l'Église des Âmes Perdues où un événement imprévu fera basculer une prise d'otage. Armand Cabasson, lui, nous présente un shérif qui se trouve confronté au FBI lors d'une curieuse chasse au monstre. Mais le texte le plus attendu du recueil est certainement celui de Léa Silhol, qui poursuit ici son cycle de Frontier, et qui nous permet de retrouver Gift (Le jeune enfant Fay dans Runaway Train In Léa Silhol : La Tisseuse, Contes de Fées, Contes de Failles aux Éditions de l'Oxymore), personnage fétiche des fans de cette ”série”, devenu adulte et enquêtant sur des disparitions mystérieuses de jeunes Fay. Un texte superbe et bouleversant, qui ajoute une pierre à l'édifice que construit patiemment l'auteur sur ce thème.


Au total, on se trouve devant un objet très sombre, que cela soit par l'aspect esthétique (couverture et maquette très soignées, comme à l'habitude), ou par les textes présentés. Mais cela n'étonnera pas ceux qui connaissent les travaux précédents de l'anthologiste ! Stéphane Nicot et François Manson donneront en fin de volume des pistes pour explorer d'autres horizons, peut-être moins éprouvants pour le lecteur. Qui, cependant, en redemande encore !

Christophe Duchet


Paru dans : Actu SF , le 01/04/2004.

Polar et Fantastique...


On le sait depuis longtemps maintenant, lorsqu'on les enferme dans des cases, les littératures de l'imaginaire ont une fâcheuse tendance à déborder. Fantastique, Fantasy et Science-Fiction se mélangent avec merveille à d'autres genres, à d'autres styles ou bien tout simplement à elles mêmes. Et dans tous ces mélanges, la fusion avec le polar est devenu presque habituelle. Il suffit d'ailleurs de lire Le guide de lecture de François Manson à la fin de ce numéro 12 d'Emblèmes pour constater le nombre d'œuvres qui ont flirté dans l'histoire de la SF avec les détectives, les enquêtes et les meurtres. Farmer, Asimov, Heinlein, Gibson, Dantec, Bester, Wagner, Pevel… Autant d'écrivains qui ont opéré cette fusion dans certains de leurs ouvrages. Côté nouvelles, nous avons eu en France deux belles anthologies ces quatre dernières années : Privés de futurs aux éditions du Bélial et Détectives de l'impossible chez J'ai Lu . Emblèmes reprend donc le flambeau avec ce nouveau numéro.

Montres et folies

Le sommaire de cette anthologie est d'une belle diversité. Aucune nouvelle ne se ressemble vraiment. Le lecteur navigue des fays de Léa Silhol (La balade des égarés) au sérial killer de Merlin Gaunt (1888), en passant par les dieux d'Elisabeth Ebory avec Ce que le temps a jugé (étonnante nouvelle d'ailleurs à découvrir). Le texte le plus fort a sans aucun doute été écrit par Gary A.Braunbeck. Les dépouilles abandonnées des hommes sans sépulture nous entraînent dans l'histoire et la folie d'un détective en pleine fête foraine. Une véritable plongée dans son monde, dans sa vie et dans ses peurs de petit garçon. Un texte hybride et percutant qui est une vraie réussite. On signalera également Vide intérieur d'Armand Cabasson. Sur le thème bien classique de la guerre entre un shérif et le FBI, l'histoire glisse vers le fantastique et le surnaturel. Du déjà vu certes, mais plutôt bien fait.

Pari tenu

Ce numéro 12 d'Emblèmes est d'une bonne tenue. Si on a déjà salué la diversité des textes, on saluera également une partie des auteurs qui ont su s'éloigner des poncifs du polar et parfois de la SF. Le meilleurs dans ce domaine restant Gary A.Braunbeck avec son étonnant récit. Et lorsque les écrivains du sommaire ont emprunté des chemins connus, ils l'ont plutôt bien fait. Résultat des courses, on ne s'ennuie par un seul instant dans cette anthologie. Emblèmes a réussi son pari de mélange des genres. Voilà un numéro avec quelques bonnes surprises.


Jérôme Vincent

Parchemins et Traverses


Paru dans : L'équipée livresque , le 20/10/2007.

Les larmes du taureau, Merlin Gaunt
Très très beau style. A la fois en accord parfait avec le mythe, l’ambiance antique et apportant une vision personnelle, intimiste et pleine d’élan jusqu’au dernier mot.

Le calepin Jaune n°7


Paru dans : Les chroniques de l'imaginaire , le 05/04/2006.

Oui oui ...je sais ! Nous sommes en avril 2006 et toujours pas de nouvelle du célèbre Calepin Jaune qui est toujours chroniqué ici en temps et en heure. Sauf que ... sauf que j'ai eu un hiver plutôt ... hum ... chargé on va dire. Je me suis laissée deborder comme pas possible mais sans oublier le Calepin Jaune.

Au sommaire de ce numéro de la rentrée 2005, suite et fin du feuilleton de Léonor Lara, Vous m'avez fait former des chimères, dans lequel la chute vous laissera sans voix. Un grand coup de maître de la part de Léonor Lara car, franchement, l'histoire est bien menée du début à la fin, une intrigue passionnante, les coupures là où il faut pour tenir le lecteur en haleine durant les trois mois qui séparent chaque Calepin. J'en redemande ! Suite et fin aussi de la nouvelle d'Armand Cabasson qui nous conte Les riches heures gothiques victoriennes de Lord Soffen, dans laquelle on s'aperçoit que l'adage de "tel est pris qui croyait prendre" se vérifie encore une fois. Toujours à propos des feuilletons que nous propose le Calepin Jaune, comme le faisait autrefois les journaux, nous avons la deuxième partie de Voyage à Bain de Renaud Cerqueux, voyage qui se voulait reposant tant pour le corps que pour l'esprit mais le corps de Caroline hante les nuits du narrateur, les moeurs de cette ville balnéaire le choquent et un évènement des plus étranges va rendre chacun plus fous qu'il ne l'est.

Mais un fanzine est là aussi pour nous présenter des nouvelles, des textes plus courts, condensés où en quelques mots l'auteur doit nous faire entrer de plein fouet dans l'histoire. Pour cela nous avons Merlin Gaunt et ses Plaisirs Victoriens où l'on se rend vite compte que chaque médaille a son revers plus sombre. Il y a aussi Sophie Dabat, une habituée des fanzines qui, avec La lumière de ses yeux, nous plonge dans l'atmosphère d'un orphelinat où un être étrange va apparaitre. Sophie Dabat, avec grand talent, nous dépeint l'atmosphère glauque d'un couvent ou trop de bien cache le mal. Le Calepin Jaune ouvre ses portes à l'internationalité avec Brendan Connell, né au Nouveau Mexique et écrivant en langue anglaise (traduit par Estelle de Gomis). Son texte Le collectionneur de peaux est la retranscription de l'interview d'un étrange collectionneur passionné par les tatouages qui tel le serpent endors sa proie ! Avec Le juge et l'assassin, Marcel Divianadin nous conte avec perspicacité les trouvailles technologiques plus loufoques les unes que les autres qu'a pu voir naître le XIXème siècle. Thomas Dumoulin a trouvé le moyen avec une Valse pour trois jours de remonter le temps et ainsi de pouvoir changer le cours des choses grâce, bien sûr, au maitre de la valse Monsieur Frédéric Chopin et ainsi éviter les regrets. Toujours en rapport avec la musique, Aurélie Berson revoit avec brio le mythe de Dracula et voit son héroine être la seule invitée au bal du vampire. Comme il est question d'un bal, voici une danse éphémère de la spécialiste des vampires Lady Tamara. Elle laisse de coté les maitres de la nuit pour plonger l'innocence personnifiée dans une petite fille dans l'horreur et la mort d'une ville devastée.

Comment conclure ? Je ne vais pas encore une fois vous dire que le Calepin Jaune est fabuleux et patati et patata ? Nous je vous l'ai déjà dis ... pppfff autant de fois que j'ai chroniqué le Calepin Jaune ! Je ne vais donc vous dire qu'une chose : lisez-le !

Ecrite par Arsenik_, le 05 Avril 2006 à 18:04 dans la rubrique Fanzine .

L'Oxymore


Paru dans : Le Monde , le 16/05/2003.

Il faut saluer une fois encore l'excellent travail effectué par Léa Silhol et ses complices dans chaque numéro de cette fort intéressante revue. Ici, c'est sous la conduite d'Alain Pozzuoli que nous sommes conviés à explorer le thème fascinant des Cités Perdues.

Jacques Baudou


Paru dans : Actusf , le 01/05/2003.

Du classique, du bon et du moins bon


Pour son 8ème numéro, l'anthologie périodique Emblèmes s'attaque aux cités perdues. Un thème étonnant tout en étant logique et qui pouvait receler de belles surprises. Aux commandes, Alain Pozzuoli à qui l'on doit la première étude française sur Bram Stocker en 1989 (à la Librairie Séguier), un dictionnaire du fantastique en 1992 (éd. Jacques Grancher) et un guide littéraire de Londres en 1999 (éd. Hermé). Il a également adapté certaines œuvres à la radio comme Carmilla, Frankenstein, L'invité de Dracula et quelques autres… A noter également qu'il était déjà au commande d'Emblèmes pour son numéro 3 sur les Momies.


Voyage dans Pompéi.

Plutôt que de s'attarder sur les nouvelles un peu décevantes, on retiendra les bons textes de certains auteurs. Parmi eux l'histoire de Merlin Gaunt autour de Pompéi et un visiteur qui en marchant des les rues de la cité dévastée fait un voyage dans le temps à l'époque de la splendeur de la ville. On retiendra également Babylone de Sire Cédric et une jeune femme hospitalisée prise en pitié par un dieu ancien, ou bien encore D'autres viendront après moi de Léo Henry et la découverte d'une ville mythique par un drôle d'explorateur.


Mitigé

En refermant les pages de ce numéro 7 d'Emblèmes, on a une impression mitigée. Celui d'avoir parcouru une anthologie qui n'a pas tenu toutes ses promesses. Si certaines nouvelles sont plutôt sympathiques, d'autres sont franchement décevantes. Et pourtant certaines initiatives sont louables comme les rééditions de L'Atlantide de Platon ou des Villes englouties du conteur breton Anatole Le Braz. Bref, ce numéro 7 contient de très bonnes choses, mais d'autres un peu moins bonnes. A vous de voir ce que vous préférez retenir.


Jérôme Vincent


Paru dans : lefantastique.net , le 01/03/2003.

Alain Pozzuoli nous présente ce numéro d'Emblèmes consacré aux Cités perdues en utilisant les termes de "thème fédérateur". Il est vrai que de la Jérusalem céleste à l'Atlantide en passant par la légendaire Is, le thème des cités perdues passionne nombre d'amateurs de fantastique et de légendaire. Ce recueil nous invite donc à pénétrer certaines de ces villes perdues, un instant retrouvées. De trop courts instants car les quelques nouvelles ici rassemblées ne nous laissent que trop peu de temps pour découvrir ces cités.

Deux textes pourtant sortent du lot et ont su attirer notre attention. "Les îles de Rouille" de Storm Constantine mêle habilement passé-présent-futur dans une histoire bien écrite sans originalité débordante toutefois. C'est très certainement "Mortes Maisons" de Franck Ferric qui, malgré un titre un peu trop poétique pour le genre, nous offre ici un texte d'épouvante vraiment des plus réussis. Une descente aux enfers fabuleuse mais qui apparaît peut-être plus éloignée du thème de la Cité perdue puisqu'il nous dépeint plus les us et coutumes d'une étrange communauté plutôt qu'une véritable ville.
Notons toutefois le très bel article de Jean-Pierre Laigle, rempli de pistes de lectures, que complète merveilleusement la liste des incontournables dressée par Alain Pozzuoli.

Si ce numéro d'Emblèmes semble le moins abouti de la série, il s'avérera sûrement pour ceux que le thème intéresse, une première approche intéressante. Un dernier mot sur le travail remarquable de Claudine Béhin qui annonce ici son retour dans le monde de l'illustration française. Une illustratrice de talent qui voue une passion au travers de ses œuvres pour les mythologies sud-américaines et le légendaire des profondeurs, cosmiques ou abyssales.


Christophe Van De Ponseele
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